Cumulant plus de 20 ans d’expérience, AFJ Productions est l’une des plus anciennes maisons de production au Gabon. Elle a produit et accompagné de nombreux artistes locaux dans leur carrière. Un travail dont les résultats font d’ailleurs l’objet de nombreuses critiques du fait du faible rayonnement de ces artistes dans l’industrie musicale du pays. Toute chose qui amène aujourd’hui à se demander si le label noie la carrière de ses artistes

Dans sa rubrique intitulée « scanner », le magazine Waze Music a mené un sondage sur le dynamisme des labels Eben Entertainment, Direct Prod, et AFJ Productions. En posant aux lecteurs la question de savoir lequel de ces 3 labels devrait être éjecté, de nombreux lecteurs ont mentionné la structure de Frédéric Gassita, Afro Jazz Production (AFJ Productions), soutenant d’ailleurs quasiment le même discours, « manque de réelle promotion d’artistes ».

En effet, depuis plus de 20 ans, AFJ Productions a signé de nombreux artistes tels que MHL, Jojo, Alda, Krash Le Grav K, entre autres. Des artistes talentueux à l’exemple d’Alda et Krash Le Grav K, pourtant pas suffisamment exploités et peu mis au devant de la scène comme on peut l’observer avec la carrière de Sly’A, dernière signature, laquelle est d’ailleurs considérée comme le fleuron de AFJ Productions qui s’est promis de lui garantir  une « plus grande portée internationale ». 

Même si comparaison n’est pas raison, il faut dire qu’Eben Entertainment a débarqué en 2004 comme une bouée de sauvetage pour un rap vert-jaune-bleu au bord de l’agonie. Eben a révolutionné le rap en faisant sortir des figures qui sont aujourd’hui considérées comme des légendes. Si Franck Ba’Ponga était déjà connu, on découvre des artistes tels que Koba, Masta Kudi, Nephtali, Latchow et Steve de La Fuente, entre autres. Ces artistes ont su imposer leur diktat et marquer les esprits des mélomanes durant leur règne au début des années 2000.  

Shan’L, artiste du label Direct Prod.

Malgré les divergences avec certaines de ses anciennes artistes, lesquelles fustigent « la malhonnêteté » du patron du label Edgar Yonkeu, il faut dire que Direct Prod a le mérite d’avoir eu en son sein, des artistes considérées comme les plus talentueuses du pays. De Tina, à Shan’L, fleuron du label dont la renommée dépasse largement les frontières gabonaises, en passant par Créol qui s’est fait connaître avec son titre Bonobo.  

AFJ Production noie-t-il ses artistes? C’est la question qui taraude l’esprit des mélomanes gabonais. Par ailleurs, rappelons qu’un label investit sur un artiste et attend bien évidemment un retour sur investissement, il choisira donc l’artiste qui aura le plus de capacité. Dans le cas de AFJ Productions, qui de l’artiste ou de la maison de production doit être remis en cause? La question reste posée.