Nous sommes allés à la rencontre de certains artistes à qui nous avons posé la question de savoir si les artistes gabonais sont soudés. Leurs réponses n’ont pas du tout été surprenantes. Non, vous ne serez pas choqués d’apprendre que les artistes gabonais ne sont pas unis. « Seulement si c’est une affaire de copinage », a confié un artiste local qui a requis l’anonymat. Toute Chose d’ailleurs qui est bien dommage et qui conduit un peu à ce que nous observons tous aujourd’hui : les chanteurs gabonais ne valent pas grand chose sur la scène internationale.  

Au Gabon, s’il est vrai que les artistes sont très peu valorisés, il est d’autant plus important de souligner qu’ils ne sont pas unis. C’est la politique du crabe. Chacun veut montrer qu’il est fort, qu’il vaut mieux que l’autre, parfois après avoir brillé à partir d’un seul titre seulement. « Ils se battent pour le game, mais le game est où? », a chanté le Flow du Sud dans son hit Le Flow #6ix9ine, la danse de “ça m’en fout”, sorti en décembre 2019. 

D’ailleurs, pour Le Flow du Sud, qui ne saurait vraiment expliquer ce manque d’unité entre nos artistes locaux, c’est une affaire de clan, de préférence. « Même les manifestations sont organisées par affinité », regrette-t-il. Quand une jeune artiste en herbe, qui a elle aussi souhaité taire le nom, explique que c’est surtout un problème d’honnêteté.  

« Je pense que c’est simplement parce que beaucoup ont des problèmes à être honnêtes. Moi je ne suis qu’au début je sais pas trop, mais je côtoie des artistes confirmés et je les entends parler. Il vaut mieux se battre à son niveau que de se créer des embrouilles à vouloir associer des gens », confie la jeune artiste qui pense par ailleurs que « l’union fait vraiment la force ». 

Combien sont-ils, ces artistes Gabonais qui vivent de leur art? Pourtant sous d’autres cieux, la musique est un corps de métier comme tout autre, qui implique une certaine organisation, qui demande parfois bien plus d’énergie et des heures de travail, et qui nécessite même de prendre des vacances. 

Pour cette artiste anonyme, une artiste solo qui connaît bien le système, la valorisation de l’industrie musicale gabonaise passe aussi par une solidification de ses membres. Loin d’être moribonde, elle mérite toutefois quelques séances de sensibilisation.

« Il faut déjà qu’il y ait des campagnes de sensibilisation pour que tous les artistes passent par la case BUGADA, qu’on en comprenne le fonctionnement et qu’on s’y inscrive. De temps en temps, des formations, des micros concerts… En fait c’est un corps de métier comme tous les autres je pense… il faut qu’on pense à évoluer, à poser des actions qui nous aideront à redorer notre blason », at-elle conseillé.