Le marché du cosmétique made in Gabon est en train de gagner du terrain. Ce n’est plus une illusion mais bien une réalité. Plusieurs jeunes entrepreneurs gabonais, notamment des femmes, prennent chaque jour un peu plus le pari d’exploiter les ressources naturelles que regorge notre pays pour la fabrication des produits pour la peau, ou pour les cheveux. C’est le cas de Leyla Posso, jeune Gabonaise âgée d’une vingtaine d’années, étudiante au Canada, qui nous présente aujourd’hui sa marque de soins capillaires 100% naturels, Matsi. Un nom qui signifie « huile » en langue locale punu et qui voit officiellement le jour le 31 décembre 2019.  Interview.

GMTme : Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer Matsi ? 

Leyla Posso : Depuis mon big shop, c’est-à-dire couper mes cheveux défrisés chimiquement afin de revenir au naturel, que j’ai effectué il y a 4 ans environ, je fabrique mes propres produits pour les cheveux et pour la peau pendant mon temps libre. Puis, vu le nombre de questions qui m’étaient posées sur l’entretien de mes cheveux, j’ai décidé de faire profiter les personnes intéressées de mes connaissances sur le sujet. 

Originaire du Gabon, vous résidez au Canada. Où sont basés les produits Matsi ? 

Mes produits se vendent au Gabon, au Canada, et sont disponibles pour la livraison (aux frais du client) en France et aux Etats-Unis. J’espère élargir mes points de vente d’ici quelques années .

Depuis quelques années déjà, lors de mes voyages réguliers à Libreville, je me ravitaille en produits naturels comme du beurre de karité, du lait de coco, du savon noir et plusieurs autres produits obtenus artisanalement. Je m’en sers par la suite pour fabriquer mes huiles pour cheveux et beurres corporels, afin d’aider ces derniers à supporter le climat très froid canadien qui n’est pas propice à la santé et à l’éclat de nos cheveux et de notre peau noire.

Quels sont les différents produits que l’on retrouve chez Matsi ? 

Pour l’instant, on y retrouve des sérums activateurs pour la pousse, fabriqués à base d’huiles naturelles  et végétales. Des coiffures protectrices telles que des perruques à lace frontale et des extensions pour cheveux.

Vous dites que le déclic de Matsi a été la conception des produits pour les cheveux. A quel moment avez-vous introduit les produits pour la peau ? 

Matsi a officiellement vu le jour le 31 décembre 2019. Je suis heureuse d’enfin réaliser ce projet qui me tient à cœur. Concernant les produits pour la peau, ils ne seront introduits qu’en milieu d’année 2020. Je posterai la date exacte sur les réseaux sociaux peu avant le lancement des produits Matsi cosmétiques. 

Vous êtes une grande amoureuse du cheveu Afro. Pour quels types de cheveux les produits Matsi sont-ils fabriqués ? 

Les produits Matsi sont spécialement conçus pour les cheveux afro naturels ou défrisés chimiquement à cause de leurs propriétés grasses et hydratantes, qui ne conviennent pas forcément aux cheveux de personnes caucasiennes. Beaucoup ont une multitude de cosmétiques à la maison sans savoir les utiliser adéquatement pour obtenir les résultats désirés.

En tant qu’entrepreneur, quels sont les défis auxquels vous faites face ? Et comment les surmonter-vous ?

Mon plus grand défi est l’importation de mes produits. Je vis au Canada et les frais d’envoi sont très élevés pour le Gabon. Je recherche actuellement les meilleures options qualité-prix. Il y a aussi bien évidemment la concurrence, parce que le marché des huiles naturelles se développe petit à petit sur Libreville. Mais j’y remédie en offrant des conseils beauté également, car beaucoup ont une multitude de produits cosmétiques à la maison sans savoir les utiliser adéquatement et n’obtiennent donc pas les résultats désirés. Chez Matsi, vous avez donc droit, avec votre achat, à mes petites astuces qui vous rendront encore plus belles !  

Quel est votre avis sur le marché du produit capillaire en Afrique ? 

Le marché du produit capillaire en Afrique a évolué au cours des dernières années mais est encore, selon moi, trop basé sur les extensions de cheveux et les produits défrisants chimiques au détriment de la santé de nos cheveux naturels. Comparativement aux pays développés, nous sommes encore très en retard et incultes sur ce sujet.

C’est pourquoi avec Matsi, j’aimerais changer l’image du cheveu afro qui est considéré comme « trop difficile à coiffer » ou « cassant » en apprenant à ma clientèle à adopter les bons gestes et à utiliser des produits adaptés.

Comment voyez-vous Matsi dans 5 ans ? 

Dans 5 ans, j’aimerais avoir un magasin Matsi dans lequel seraient vendus en exclusivité une diversité de mes produits, ainsi qu’un salon de coiffure spécialement conçu pour l’entretien des cheveux afros car je remarque qu’encore aujourd’hui, dans nos salons de coiffures à Libreville, les dites professionnelles du cheveu sont souvent perdues face à une touffe de cheveux afro comme la mienne et optent pour de mauvais gestes qui favorisent la casse du cheveu. N’hésitez pas à vous abonner sur Instagram @m_a_t_s_i  et sur notre page Facebook Matsi ! 

Propos recueillis par Lise Bivigou