Pour se débarrasser d’une grossesse non désirée, les femmes n’hésitent pas à recourir à des méthodes aussi dangereuses les unes que les autres. Tige de feuille de manioc, broche, tiges de bambou, sont entre autres les instruments qu’elles utilisent. Au péril de leur vie, certaines se servent même d’un cintre pour percer la poche des eaux et provoquer par la suite l’expulsion de l’embryon voire du fœtus.

Selon les chiffres du programme Les Médecins du monde, chaque année,  un tiers des 213 millions de grossesses dans le monde ne sont pas désirées. De plus, une grossesse sur quatre donne lieu à un avortement à risque et près de 50 000 femmes décèdent tous les ans suite à un avortement pratiqué en dehors d’un cadre médical, représentant 13% des causes de mortalité maternelle dans le monde. Lesdits avortements dont les ravages ne cessent d’être dénoncés, ne semblent pas dissuader les adeptes des ces pratiques d’un autre âge. 

« Je me souviens précisément de la peur qui me tenaillait lorsque la matrone du quartier s’apprêtait à introduire la tige de bambou en moi », a confié Louise, une étudiante tombée enceinte à 16 ans, à notre confrère L’Union.

Mais ces pratiques ne sont pas sans danger pour ces jeunes mères. Gynécologue obstétricien au centre hospitalier universitaire Mère et Enfant de la Fondation Jeanne Ebori (CHUME-FJE), le docteur Ulysse Minkobame Zaga interrogé par le quotidien a tenu à décliner en quelques mots les conséquences liées aux avortements clandestins. « En utilisant ces objets, les femmes risquent une perforation ou une déchirure de l’utérus et des infections graves causant une stérilité ou la mort de la patiente », a-t-il expliqué.

Si certaines utilisent des objets, d’autres par contre prennent des comprimés tels que le coyote, la nivaquine ou des mélanges faits à base de plantes, de coca et de café.« Quand j’ai su que j’étais enceinte, j’avais déjà deux mois de grossesse.Une amie qui avait déjà fait un avortement m’a conseillé de prendre du cytotec que je devais boire et introduire dans mon vagin, ce que j’ai fait », a témoigné Céline qui a dû être hospitalisée en urgence pour  cause d’hémorragie.

A côté de ces méthodes certains femmes vont jusqu’à prendre du permanganate de potassium et même  de l’eau de javel. Elles finissent malheureusement avec de graves brûlures au niveau de l’appareil génital, déplore le gynécologue.

Au lieu d’en arriver là, les jeunes filles en particulier et les femmes en général sont appelées à plus de précautions. Pour éviter les grossesses non désirées, il serait plus judicieux qu’elles pensent à utiliser un des nombreux moyens de contraception dont le préservatif est le moins coûteux et donc le plus accessible.