Dans le monde, une mère meurt en couches toutes les 11 secondes. Selon un communiqué de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publié le 19 septembre 2019, environ 830 femmes meurent chaque jour du fait des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement.

L’accouchement censé être un moment de joie pour une famille peut virer au cauchemar lorsque la maman décède après avoir donné la vie. Plusieurs complications survenant soit pendant la grossesse ou après l’accouchement sont à l’origine de ces décès. Celles qui apparaissent au cours de la grossesse pourraient être évitées ou traitées. Pour les autres qui existaient auparavant, il arrive qu’elles s’aggravent à ce moment-là, surtout si elles ne sont pas prises en compte dans le cadre des soins. 

Les principales complications, qui représentent 75% de l’ensemble des décès maternels, selon une étude de l’OMS sont les suivantes: hémorragie sévère (pour l’essentiel après l’accouchement)qui après la naissance de l’enfant, peut tuer une femme en bonne santé en 2 heures seulement si elle ne bénéficie d’aucune assistance. L’injection d’ocytocine immédiatement après l’accouchement réduit de manière efficace le risque d’hémorragie.

De l’autre côté, le risque d’infection après l’accouchement peut être supprimé par la pratique d’une bonne hygiène et si les premiers signes d’infection sont reconnus et traités dans les meilleurs délais; l’hypertension durant la grossesse (prééclampsie et éclampsie); les complications dues à l’accouchement; et enfin l’avortement pratiqué dans de mauvaises conditions de sécurité.Les autres causes de complications sont associées à des maladies comme le paludisme, et le VIH durant la grossesse.

Fuyant les hôpitaux publics dont l’accueil et les services sont très décriés et laissent réellement à désirer, certaines femmes se tournent vers les cliniques privées espérant une meilleure prise en charge. Un choix qui peut s’avérer aussi fatal que le premier. Ces établissements privés choisis pour leur confort et leur soit disant professionnalisme sont souvent des refuges pour apprentis médecins. Des expatriés dépourvus de diplômes s’érigent en médecins gynécologues accoucheurs au nez et à la barbe de nos dirigeants qui peinent visiblement à mettre fin à ce business lucratif. 

Au Gabon, l’hémorragie du post-partum reste une cause majeure de morbidité et mortalité maternelle que nous soyons dans des structures privées ou publiques. Mais des mesures de prévention adéquates devraient être prises en amont pour éviter d’empirer une situation qui perdure déjà. Encore que pour le savoir, il faudrait être aguerri.  D’où la nécessité pour les pouvoirs publics de prendre cette problématique à bras le corps en créant d’autres centres de santé publics à travers le pays, en finançant les formation de nos personnels soignant, en améliorant les conditions d’accueil de notre service de maternité déjà existant, en fermant ces cliniques de quartiers qui en l’absence de contrôle  de l’Etat, exercent en toute illégalité. 

A titre de rappel, le niveau élevé de décès maternels dans certaines régions du monde reflète les inégalités dans l’accès aux services de santé et met en lumière l’écart entre les riches et les pauvres. La quasi-totalité des décès maternels (99%) se produisent dans des pays en développement, dont plus de la moitié en Afrique subsaharienne et près d’un tiers en Asie du Sud. 

Pour finir, il serait opportun pour les médecins d’identifier les facteurs de risque d’une possible hémorragie de la délivrance et de prendre les mesures nécessaires avant l’accouchement. Tout retard dans la prise en charge de cette hémorragie diminue le taux de succès de la méthode choisie, d’où l’importance d’une stratégie claire et définie par l’équipe obstétricale.