Situé à quelques encablures des feux tricolores de Batterie Quatre, à côté des Archives Nationales sur le boulevard Hassan II à Libreville, le Mystic Bantu est ce restaurant lounge qui se démarque de bien d’autres pour sa touche d’africanité. Le restaurant est construit sur un bras de mer, avec des cases en bois, de la paille, des matériaux artisanaux dans un style traditionnel. Aida Ndong, jeune femme d’une trentaine d’année aux allures strictes et rigoureuse a tenu à marquer la différence, à sortir du « déjà vu ».

Dans un entretien accordé à GMTme, assise dans une de ces cases décorée d’oeuvres d’art locales, dans une atmosphère chaleureuse et paisible, caressés par le vent marin, la jeune femme nous parle de son restaurant, sa vision.  

« Le Mystic Bantu c’est un restaurant lounge roof africain, ou l’on retrouve les produits de chez nous. Le concept est né  lorsque je commençais à le construire. Je voulais qu’il ait une ambiance bonne enfant. Il fallait qu’ici on se sente au Gabon, avec les matériaux de chez nous. Je voulais que lorsqu’on rentre au Mystic Bantu on ait l’impression d’être au village. Je ne voulais pas faire comme les autres, je voulais vraiment me démarquer de tous les autres restaurants », confie-t-elle avec passion.

Un concept qu’elle entend pérenniser

Pour Aida, il est un peu trop tôt pour parler de réussite. La jeune femme a l’esprit créatif, elle est ambitieuse et vise grand.  Construit sur un terrain abandonné, elle souhaite donner à son restaurant un nouveau visage à chaque fois, tout en gardant le style traditionnel. « Il y aura du changement tout le temps. Il y a des gens qui ont fréquenté le Mystic Bantu au début et ils vous diront qu’aujourd’hui ce n’est pas la même chose ». Mais elle envisage surtout de le franchiser. « A chaque fois que je vais trouver des lieux sous exploités ou désaffectés je vais aménager ces espaces en Mystic bantu dédiés aux expressions culturelles, aux loisirs et à la détente  ».

L’os du gorille, le lait de panthère, le pygmée en enfer, Libreville la belle…

Tels sont-là les noms de quelques cocktails faits maison que l’on peut retrouver au Mystic Bantu, parmi tant d’autres. Des noms très spécifiques, créés non seulement pour attiser la curiosité, mais surtout pour rappeler aux clients la richesse et la beauté de son pays, le Gabon. « Lorsque j’ai trouvé Libreville la belle, je me suis dit que Libreville est une belle ville, c’est une femme, une très belle femme. C’est un cocktail suave et exotique ». L’os du gorille par contre « est fait d’écorces de chez nous, à l’exemple du Matoundi. Il est traditionnel, pure, avec un peu d’iboga à l’intérieur. C’est typique des vertus de la forêt gabonaise ». 

« Pas de mets continentaux, mon concept reste africain, gabonais surtout, ma culture »

C’est ce que nous apprend Aida, avec fierté,  lors de cet entretien. La jeune dame est une ambassadrice de la gastronomie africaine et du Gabon surtout. Elle tient à sa culture. « J’utilise des produits du terroir, des recettes gabonaises, des plats gabonais. On a les classiques du Gabon, feuilles de manioc, niembouet, poisson salé, gazelle braisée, lapin piqué, etc. ». Elle tient surtout à apporter un petit plus aux tables, à la présentation des assiettes. « Quand vous mangez à 4 ou 5, vous mangez dans une grande assiette en bois. On a notre manière à nous de présenter nos assiettes, avec des feuilles de bananiers et certains accessoires pour décoration ».

« Je mets l’accent sur le service et l’accueil »

L’accueil est la première marque d’attention que l’on accorde à quelqu’un. Il y a d’ailleurs un proverbe qui dit : « Le bon accueil est le meilleur des plats que l’on puisse servir dans un restaurant ». Alida l’a très bien compris et met un point d’honneur sur l’accueil de ses clients. « Je mets l’accent sur le service et l’accueil. Il faut accueillir le client et le suivre jusqu’à satisfaction, jusqu’à ce qu’il rentre. C’est ma bataille, c’est ma force ».  

Si la promotrice de ce bon plan a réussi à s’imposer dans ce domaine très concurrentiel et  malgré toutes les difficultés liées à ce secteur d’activité, c’est bien parce qu’elle y a mis du sien, elle y a mis de l’amour. « C’est un business qui prend de l’énergie. C’est facile d’être ruiné, c’est facile de tomber, c’est également facile de perdre. Il faut vraiment aimer ce qu’on a voulu faire ». A ceux qui souhaiteraient se lancer dans ce secteur, Aida dit : « Je les encourage mais je leur dis qu’il faut de l’amour et de la discipline, même en soi. Lorsqu’on a investi de l’argent quelque part il faut de l’amour sinon vous perdez ».